9ème jour : Espalion à Fonteilles - 22 km

Après une nuit idéalement reposante, je me lève à 6h45. On se retrouve devant un bon petit-déjeuner avec des confitures maison.

Dans ce gite à Espalion, nos sacs restent en bas dans l’entrée, et nos affaires pour la nuit sont déposées dans des boites en plastique, c’est pour éviter la prolifération des punaises de lit.

Les punaises de lit sont présentes dans certains hébergements du chemin. Pour ma part, je n’en ai vu aucune ! J’ai dormi dans des chambres partagées de 5 personnes maximum et non dans des dortoirs de 10 dormeurs ou plus. Mes hébergements agissent en prévention afin les éviter.

Ma montre affiche 7h45 quand je quitte mes amis pour partir la première !

075

Dans les villes, nous devons suivre les marques au sol puisqu’il n’y a plus de bandes rouge et blanche !

Je longe le Lot. L'atmosphère est voilée de son manteau gris, l’air est humide, je n’ai pas froid.

002

Je rencontre la fille avec ses deux chiens, déjà vu hier dans le village d’Aubrac. Elle a dormi dans un coin herbeux au-dessus de la rivière, elle a tendu sa bâche entre un arbre et son bâton de marche, elle a passé la nuit dessous avec ses deux chiens. Il a plu une partie de la nuit ! Elle me dit que cela va bien pour eux !

A la sortie d’Espalion, je me retrouve dans un grand rond-point récent, il ne m’est pas facile de me repérer et de trouver des marques du chemin absentes. Je suis très prudente car je ne veux pas me perdre !

005

017

Une pluie fine m’accompagne, j’alterne des descentes et des montées, sur bouts de route ou sentiers boisés.

009

015

Un fond de brume habille l’horizon.

007

012

Sur une petite route, je suis une cape verte. Un agriculteur s’adresse à ce marcheur et lui indique qu’il n’est pas sur le bon chemin et qu’il devait prendre celui à droite juste avant le pré. Dès que j’entends ces paroles, je fais demi-tour !

La cape verte me rejoint et s’excuse en anglais ! C’est un autrichien ! Nous avons juste marché quelques dizaines de mètres dans la mauvaise direction. Nous cheminons un moment en discutant, mais la pluie nous incommode.

008

014

018

Sur les derniers km avant Estaing, je marche avec un jeune couple. Une allemande arrive en face de nous, elle nous dit en anglais de prendre plutôt la route que le chemin car il est très glissant à cause de la pluie. Les jeunes prendront le chemin, moi, la route ! Elle est plate et longe la rivière.

Je sais que cet après-midi, je devrai encore marcher longtemps en montée !

024

Estaing se découvre au détour d’un virage, j’entends les cloches de l’église sonner midi.

026

Ce village a conservé son architecture du Moyen-âge.

Le temps s’est dégagé, j’emprunte le pont qui me conduit en ville.

Je musarde calmement au milieu des ruelles aux maisons de pierres noires, je vais voir l’église et le château situé en face.

028

Le château, actuelle propriété du Président Giscard d’Estaing, dont le nom n’a aucune relation avec la famille d’Estaing (décimée à la révolution), accueille depuis 2007, un musée avec trois salles et thèmes différents : les meubles anciens de la région, les documents relatant la construction de l’Europe et les présents offerts par les dirigeants des pays à l’ancien Président de la République.

029

030

Je rencontre des gens que je connais.

Je vois assis sur un banc un homme déjà rencontré. Il a un air très triste. Je m’assois à cote de lui. Il est tombé sur le dernier chemin glissant, il me montre sa cheville blessée et gonflée, il a mal. Il pense qu’il va devoir abandonner, ce mot sordide vient le narguer. Il est parti pour aller jusqu’à St Jacques. Ce voyage est important pour lui et renoncer le peine beaucoup. Il a trouvé un hébergement pour ce soir dans ce village et il va chercher un docteur. Je le réconforte avant de le laisser seul, déçu et malheureux dans ce joli endroit.

031

Je retraverse  le pont gothique pour reprendre mon chemin. 

Le chemin de Compostelle évite Estaing et s’engage sur la gauche du pont.

C’est un joli sentier qui monte avec vues sur la montagne Rouergate et sur la Vallée du Lot et l’Aubrac.

035

Je  m’éloigne de la rivière le Lot.

032

Je m’assois sur un banc sur le bord du chemin, je mange et me repose un moment. Un homme s’approche, c’est l’autrichien. Nous bavardons en anglais, il me montre son bâton de marche, qu’il a lui-même confectionné, qui se sépare en trois parties grâce à des vis. Il me demande où je dors ce soir. Ce sera Fonteilles, lui ira un peu plus loin à Gohinhac. Nous partons ensemble, son pas est plus rapide que le mien et il me devance.

Le chemin monte beaucoup, il serpente dans des arbres, c’est joli et vert.

021

Plusieurs personnes me doublent, notamment Théo et des copines qui me disent qu’un orage se prépare pour 15h. Certains avancent d’un pas hâtif, moi, je continue ma grimpette à mon rythme !

036

Cela monte toujours beaucoup et je n’apprécie guère...

Mes pas s’enchaînent, côte après côte, lacet après lacet, caillou après caillou...

Quelquefois, on se retrouve sur une portion de route avant de reprendre le chemin qui passe par des sentiers boisés.

037

Un couple en vélo, lui a une petite remorque, pédale avec difficulté mais avec régularité.

040

Un autre couple plus jeune, me double sur la route, ils ont des gros sacs à dos et marchent d’une cadence rapide. Je les regarde me distancer facilement et cela me déprime légèrement.

Je n’en vois plus la fin de cette montée !

046

033

J’arrive enfin à Fonteilles, au Gite et Camping Lou Soulenquo, à 15h40.

Je voulais dormir dans cet endroit pour profiter de la vue !

042

Je suis logée dans un mobil-home dans une petite chambre de deux lits. La chambre adjacente, est occupée par Martin et sa fille Virginie, c’est le fruit du hasard.

Dans ce mobil-home, se trouve aussi une suite parentale louée en chambre d’hôtes avec sa salle de bains privative.

Cette nuit, nous ne sommes que nous trois à occuper ce logement.

049

Vers 16h30, je vais faire mon tour de balade détente dans le hameau. Je vois de jolies maisons et des vaches. Il ne crachine plus.

Plus de sac, mes mains dans les poches, je savoure d’être seule dans cet endroit.

Je profite d’un long moment de contemplation, le vert est la couleur dominante.

Je me repose dans ma chambre, j’écris. Nous discutons tous les trois dans notre logement.

Vers 19h, nous rejoignons la maison de nos hébergeurs. Nous sommes 24 convives sur deux tables, dont des allemands, des belges et des suisses.

La dernière personne qui s’installe à notre table est la thaïlandaise dont on nous a parlé hier soir, celle qui a une cape de pluie rose ! Elle doit avoir la quarantaine. Je suis déçue, elle est installée à l’autre bout de la table, nous ne pourrons pas échanger ensemble, surtout que Virginie parle très bien anglais. J’aurai aimé savoir pourquoi une jeune femme comme elle, ne parlant pas un mot de français se retrouve sur ce chemin toute seule. Nous apprendrons juste qu’elle est logée en chambre d’hôtes, que son séjour est organisé par un prestataire. Lors du repas, elle tend son téléphone pour que nous lui traduisons ce que l’on mange. Ses voisins de table ne parlent pas anglais comme la majorité des français, malheureusement !

Notre repas est totalement végétarien, ce que j’apprécie. Un verre de Moscatel pour l’apéro avec mousse d’haricots rouges et oignons confits aux herbes, soupe aux orties ramassées dans le coin, carottes et pommes râpées avec des herbes, galettes de céréales avec sauce aux haricots rouges, riz avec sauce aux lentilles, et galettes sucrées avec confiture maison pour le dessert. C’est un très bon diner qui se termine avec des infusions d’herbes locales !

Nous échangeons des nouvelles de nos rencontres grâce à la «radio du chemin».

Nous nous rencontrons, perdons de vue et le destin nous remet sur le chemin au même moment ou pas !

Léo qui nous accueille, nous informe que pour arriver à Conques demain, nous avons deux possibilités, soit aller jusqu’à Golinhac et 28 km, soit emprunter une partie du GR6 et passer par Campuac avant de rejoindre le GR65 jusqu’à notre arrivée soit 26 km.

Nous votons tous pour les 26 km !

A 21h30, je suis seule dans ma petite chambre pour m’endormir.

Demain, sera ma dernière journée de marche sur ce chemin, pour cette année !

 

10ème jour : Fonteilles à Conques - 26 km

J’ai bien dormi, sous mon drap et une couverture dans mon petit lit de 80 cm. Mon réveil est facile vers 6h30.

Nous nous retrouvons pour un petit déjeuner copieux.

En partant à 7h50, je vois la thaïlandaise chercher dans sa grande valise à côté de l’accueil.  Je ne la reverrai plus, c’est dommage, j’aurai tant aimé en savoir plus sur sa présence sur le chemin !

012

 

004

 

006

Je passe devant des vachettes, cela sent la bouse le matin.

007

 

008

Les paysages sont beaux, le temps est légèrement brumeux mais sans pluie.

009

 

018

Je cueille un brin de muguet sur le haut d’un muret.

Mon premier muguet de l’année !

Je m’empresse de le humer et je l’accroche à ma sangle de sac.

019

021

022

Je passe un long moment devant un grand troupeau de moutons avec leurs agneaux qui bêlent.

C'est attendrissant de partager un instant de leur vie !

015

014

L'air est agréable, avec un joli rayon de soleil prometteur.

026

Pour ma dernière journée, je fais durer le plaisir, je profite pleinement des belles vues qui m’entourent et des chants d’oiseaux.

017

C'est un moment de partage avec Dame Nature comme je les apprécie.

032Une femme me rejoint. On s’est déjà vu, elles sont parties trois copines du Puy, elle se retrouve seule maintenant, l’une de ses amies s’est blessée et l’autre est tombé malade. Elle continue  parce qu’elle a vu que cela était tout à fait possible sans aucun problème. Mais elle n’apprécie pas d’être seule sur le chemin, elle ne se sent pas en confiance, elle veut toujours voir des gens devant ou surtout derrière elle.

Je n’ai jamais ressenti cela, je marche en toute confiance. Contrairement à elle, je suis partie en ayant choisi de marcher seule.

Elle me dit aussi que ses mollets sont gonflés, durs et douloureux surtout le soir quand elle est couchée. Je lui demande si elle les masse, si elle s’étire. Ni l’un, ni l’autre. Elle me confie qu’elle boit très peu car elle ne veut pas souvent uriner. Je lui indique que je n’ai pas du tout ce problème, je trouve toujours un petit coin pas loin du chemin. Cette réflexion, d’autres femmes ne l’ont faite. On trouve de temps en temps sur le bord du chemin des toilettes publiques. Je lui précise, que dans une poche de mon pantalon se trouvent les mouchoirs pour la goutte du nez et dans l’autre poche, du papier pour l’autre goutte, afin d’éviter de chercher dans mon sac...

048

L’organisation de nos affaires est très importante, il nous faut trouver rapidement ce que l’on cherche, donc toujours  ranger au même endroit, le foulard, le bonnet, les lunettes de soleil, les céréales...

031

Virginie et son père me rejoignent, puis me devancent.

044Je m’assieds au soleil devant un panorama verdoyant de solitude tranquille.

034

Avant d’arriver à Senergues, je rencontre un père et son fils trentenaire. Le père est fatigué, c’est difficile pour lui. Il est obligé de s’arrêter souvent pour se reposer. Son fils cherche sur son téléphone un chemin leur permettant d’arriver avec moins de km à Conques. 

028

045

J’ai croisé de nombreux duos familiaux, mère et fille, mère et fils, père et fille, père et fils, deux frères, deux beaux-frères.

046Deux frères sont partis ensemble mais l’un d’eux marche beaucoup plus vite et doit patienter au bord du chemin. La tension monte, pas sûr qu’ils finissent le chemin ensemble...

037

Une belle montée me conduit à Senergues et continue après.

042

Je fais une pause devant de beaux paysages. Le temps s’est amélioré et le soleil n’est pas loin. Je marche en tee-shirt.

036

Une bonne partie du chemin se fait sur la route avec quelques portions aménagées sur le bord, et non sur le goudron.

050

Puis, je me retrouve devant la dernière descente avant Conques !

053

C’est évidemment un sentier crevassé avec des pierres, des rochers et des racines ! Aujourd’hui, il est boueux et glissant, mais j’ai l’habitude de cheminer sur des sentiers identiques, ce fut souvent le cas pendant ces dix journées ! Le soleil est derrière les arbres qui me font de l’ombre.

Je savoure mes derniers moments de solitude sur ce chemin mythique où des milliers de personnes passent chaque année depuis 5 siècles.

J’entends sonner 17h à la cloche de l’Abbaye de Conques.

Je suis heureuse, sereine, je ne ressens pas la fatigue, je pense que j’ai fini mon périple, cela me chagrine un peu.

Ma prudente descente va durer 30 minutes, je suis seulement accompagnée par le chant des oiseaux.

057

Une petite route me mène au centre de Conques. Je m’arrête à l’office de Tourisme faire tamponner ma crédential et prendre un plan.

Je me rends devant l’abbaye romane, je suis déjà venue à Conques il y a quelques années. Je suis comme ceux que j’avais vus, avec mon sac à dos et mes bâtons de marche, sur la place.

Ceux sont ces marcheurs vus ici et aussi à Saint Jean Pied de Port qui m’ont donné l’envie de faire ce chemin de Compostelle, je voulais avoir fait comme eux !

J’éprouve un sentiment de satisfaction qui me comble de bonheur.

Un petit groupe d’asiatiques prend des photos. Ils me regardent, s’approchent de moi et l’un deux me demande en anglais, s’ils peuvent pendre une photo avec moi ! D’abord étonnée, j’acquiesce et me voilà photographiée avec des inconnus venus de si loin, avec mon sac à dos, mes bâtons et mon tee-shirt de rando rose ! Cela m’amuse beaucoup ! On me remercie chaleureusement avec quelques mots de français et d’anglais. Cela piaille autour de moi, ils sont contents, je suis heureuse !

029 - Copie

J’ai réservé une chambre individuelle à l’accueil de l’Abbaye Saint Foy. On me demande de patienter dans la cour intérieure, nous devons y laisser nos chaussures et bâtons de marche. Des boissons sont à disposition pour nous rafraichir.

Après mon passage à la réception, un hospitalier me conduit à ma chambre, la 17. J’ai choisi de dormir seule ma première et ma dernière nuit sur le chemin !

Je suis sous le toit dans une petite chambre blanche, claire et jolie avec une petite table et un lavabo, douche et WC sont dans le couloir. Tout est très propre.

Après ma douche, je m’allonge sur mon lit, je suis fatiguée, c’est la première fois que je le ressens autant, sans doute parce que je sais que j’ai fini de marcher ainsi. Je me repose, j’écris.

A 18h45, je rejoins la cour, je connais quelques personnes, je m’approche d’un couple, nous échangeons nos impressions.

La cloche sonne à 19h et la porte du grand réfectoire blanc au haut plafond, s’ouvre. Des hospitaliers nous placent sur des tables de huit.

Gilbert s’installe en face de moi. On s’est déjà croisé et nous avons discuté à plusieurs reprises. Il est de Lyon, C’est la troisième fois qu’il fait le chemin jusqu’à Compostelle, chaque année depuis qu’il est retraité. La première année, il est parti du Puy. La seconde de chez lui à pied car on lui avait dit qu’un pèlerin devait cheminer à partir de son domicile. Il est reparti pour la troisième année consécutive jusqu’au point 0 à trois jours de marche de St Jacques de Compostelle. Il en a besoin, c’est devenu indispensable à sa vie. Il part pour deux mois environ. Il me confie que ses retours sont toujours très difficiles, il trouve son chez-lui et son environnement bien étroits, il lui faut trois mois avant de s’habituer à sa vie normale. L’ambiance du chemin, l’espace, les rencontres lui manquent terriblement.  Il fera le chemin chaque année tant qu’il le pourra et ensuite il souhaite devenir hospitalier.

Lhospitalier est un bénévole, ayant déjà effectué le chemin, qui  donne de son temps pour accueillir et servir les pèlerins dans des hébergements. Il poursuit ainsi des rencontres jacquaires dans un autre cadre.

Un des Frères de l’Abbaye nous accueille, parle de l’Abbaye, de ce lieu d’hébergement et des hospitaliers présents.

Ils sont six Frères, âgés de 38 à 81 ans, qui vivent, prient et travaillent à Conques tout au long de l’année, engagés dans la vie paroissiale et diocésaine, l’animation du sanctuaire et l’accueil des pèlerins et des retraitants.

Notre repas est composé d’une salade composée de légumes, de viande de porc en sauce avec un gratin dauphinois et de gâteaux. Nous sommes servis par des hospitaliers. Le réfectoire est complet, c’est bruyant.

067

A 20h, comme beaucoup de monde, je suis devant la porte de l’Abbatiale, je retrouve avec bonheur, Lise, Jovani, Martin et sa fille Virginie, et même Théo est là ! La coïncidence nous a mis sur le chemin souvent au même moment, nous nous connaissons depuis seulement quelques jours mais nous apprécions beaucoup nos moments partagés.

Les rencontres se sont  faites et défaites, nourries de beaux instants d'échanges en toute simplicité. Ceux sont de beaux hasards de la vie.

Nous rentrons dans le lieu de culte pour l’office. Je m’assois près de Martin et Virginie, je me retourne, Lise et Jovani sont assis derrière nous, un homme s’assoit à côté d’eux et me sourit, c’est l’autrichien.

Comme pour le jour de mon départ du Puy, je suis entourée de personnes que je connais et apprécie ! Et pourtant, je suis partie toute seule sur ce chemin !

073

Nous écoutons les paroles du Frère et à un moment, il demande à ceux qui partent demain sur le chemin de se lever pour recevoir la bénédiction. Mes amis se lèvent tous. Je reste assise, l’autrichien sait qu’il ne me reverra plus.

068

Dehors, un autre Frère nous décrit le tympan, c’est la bande dessinée sculptée au-dessus de la porte d’entrée de l’Abbaye, son récit est ponctué d’humour.

076

La nuit est tombée, nous profitons pour admirer l’intérieur et l’extérieur de ce magnifique lieu.

069

Un Frère joue de l’orgue. Nous admirons les lumières projetées sur le tympan.

077

Nous nous séparons avec émotion, je leur souhaite un bon chemin et je rejoins ma chambrette.

078

J’ai le cœur rempli de bonheur, car je suis allée au bout de mon voyage, et de tristesse car c'est fini.

J’ai du mal à m’endormir ce soir, je pense trop...